TRAVAILLEURS SOCIAUX : NON A LA CASSE DE LA CONVENTION COLLECTIVE DE 66 !

jeudi 22 janvier 2009
par Espih
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La convention collective du 15 mars 1966 est celle qui régit un grand nombre d’établissements dans le travail social. Elle concerne les secteurs sanitaire et médico-social, soit la plupart des établissements pour personnes inadaptées et handicapées (de l’IME aux clubs de prévention, en passant par les ESAT, FJT, centres de soins et CAARRUD – cf. note ci-dessous). Cette convention a déjà échappé à une réécriture assassine pour ses salariés qui doivent aujourd’hui encore faire face à des attaques sans nom de leurs patrons !

Ne nous y trompons pas la convention dont la FEGAPEI est porteuse ressemble à celle qui avait cassé la convention collective « 51 » et l’avait transformé en réel instrument de division des travailleur-ses et en outil d’asservissement : nouvelle classification des emplois, salaire individualisé, annualisation du temps de travail, suppression des congés trimestriels, service minimum... ! Mais quoi de mieux pour éviter des actions de solidarité dans le but d’acquérir de nouveaux droits et de défendre ceux existants que d’instaurer une compétition entre travailleur-ses ?!

A travail égal, salaire inégal ?

Le projet de la FEGAPEI permet d’individualiser les salaires par la délivrance - au petit bonheur la chance – d’indemnités dues aux anomalies de rythme de travail, à l’implantation géographique, aux « efforts physiques ou moraux » effectués par certains salariés (à croire les patrons, tout le monde n’en fait pas...), à la réalisation de missions spécifiques, sans compter les indemnités pour les directeurs généraux ! Les indemnisations pour réalisation de mission en individuel ou en collectif ne sont en fait que l’introduction du salaire au mérite ! Et toute année d’ancienneté n’entraînera plus qu’une augmentation de 1% !

Pour mieux diviser les personnels et éviter des embauches plus que nécessaires, l’annualisation du temps de travail est devenue l’objectif. Les salarié-e-s ne devront plus faire 35 heures par semaine, mais 1607 heures dans l’année et ce, pour ceux qui ne passeront pas sur une base de 39 heures... ! De plus, cela va de soi, les heures supplémentaires ne seront payées qu’en fin d’année !

Les travailleur-ses, en plus de se voir supprimer leurs congés trimestriels, ne choisiront leurs journées de RTT que pour 20% de celles-ci et seront balancés de service en service pour des remplacements... Nous ne serons plus que des pions que le patron placera où il veut et quand il veut « selon les nécessités de service ».

Et toujours plus de précarisation…

Quand il ne peut vraiment pas faire autrement, le patron embauche. Mais dans quelles conditions ? La période d’essai varie de trois à six mois, sans indemnité en cas de rupture (par quelconque partie) et avec un délai de prévenance n’allant que de deux à cinq jours...

Les indemnisations de licenciement ou départ à la retraite étant, elles, réduites de deux tiers. Le délai de carence pour arrêt maladie est amené à trois jours...

Et bien sûr (il ne manquait plus que ça), l’introduction du service minimum et la surveillance accrue des personnels, des syndicats et militants, qui pourraient renforcer cette logique de profit des patrons, au mépris total des travailleur-ses et donc, de leur travail auprès des personnes accompagnées.

Pour la CNT, la riposte n’en doit être que plus forte ! Une telle casse de la convention « 66 » n’est pas acceptable ! Même si nous ne nous contentons pas de ce qu’elle pouvait garantir ! L’attaque est violente. Dirigée contre les travailleur-ses du secteur santé-social, elle vise d’abord à casser les statuts et les droits acquis pour imposer la logique du seul profit. Ne nous laissons pas non plus faire par les directions syndicales réformistes qui ne défendent pas les travailleur-ses mais leurs propres intérêts. Au lendemain de la commission nationale paritaire de négociation de la CCN « 66 » du 2 juillet, la CFDT se félicitait d’obtenir une augmentation des salaires à l’embauche de 2,15%, pour une augmentation du pouvoir d’achat, si aveuglante à leurs yeux qu’ils en oublient de se battre pour le pouvoir de vivre. Mais depuis 1999, c’est de plus de 10% que le pouvoir d’achat a diminué pour les salarié-e-s de notre secteur...

Les rendez-vous sont nombreux (les infos détaillées et les nouvelles sont sur http://touche.pas.a.la.66.free.fr

Organisons la lutte pour la défense de nos droits ! Ce n’est que par la grève et l’action qu’on obtiendra satisfaction !

Pierre, syndicat CNT-SSEC 59/62



Notes à propos des sigles utilisés :

- IME : Institut Médico-Educatif
- Clubs de prévention : associations faisant du travail de rue dans certains quartiers pour le dynamiser, créer du lien entre les habitants, venir en aide aux populations migrantes, faire de la prévention sur multiples sujets.
- ESAT : Établissement et Services d’Aide par le Travail (anciennement CAT : Centre d’Aide par le Travail).
- FJT : Foyer de Jeunes Travailleurs-ses.
- CAARRUD : Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de Drogues.
- FEGAPEI : Syndicat d’employeurs, au même titre que le SOP, ou le SNASEA. Ce sont des directeurs à la tête des différentes structures qui gèrent le budget et qui payent directement les salariés. L’argent venant de l’État (CPAM mais aussi DRASS, conseils généraux et régionaux...) est ainsi attribué en budget annuel (qui est revu à la baisse chaque année).
- Convention collective « 51 » : convention d’établissements privés hospitaliers, de soins, de cure, de garde...


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